Lorsque, après deux semaines de combats exténuants, de sueur et de larmes occasionnelles sur le gazon du Court Central, le match final se termine, le vainqueur se voit remettre quelque chose de bien plus précieux que le prix en argent. Les trophées de Wimbledon représentent le véritable « Saint Graal » du tennis. Leur design, leur histoire et les détails gravés dans l’argent cachent des histoires plus fascinantes que les matchs eux-mêmes.
Qu’il s’agisse de la coupe masculine ou du plat en argent féminin, ces pièces d’histoire ne sont pas seulement des récompenses sportives, mais de véritables œuvres d’art.
Le mystère de l’ananas au sommet de la coupe masculine
Le nom officiel du trophée masculin est The Gentlemen’s Singles Trophy (souvent appelé Challenge Cup). Il a été décerné pour la première fois en 1887. Il est fabriqué en argent doré de première qualité, mais ce qui intrigue le plus les fans depuis des années, c’est le sommet du couvercle. En effet, tout au sommet de la coupe de tennis la plus prestigieuse du monde se dresse fièrement… un ananas.
Pourquoi un fruit tropical lors d’un tournoi britannique traditionnel ? Bien que le All England Club n’ait jamais donné de confirmation officielle, les historiens s’accordent sur l’explication la plus probable. Aux XVIIe et XVIIIe siècles en Angleterre, l’ananas était une denrée incroyablement rare et chère, rapportée des voyages lointains de la marine britannique. Servir un ananas à ses invités était considéré comme le signe ultime de richesse, d’hospitalité et de statut le plus élevé. En plaçant un ananas au sommet de la coupe, les designers voulaient signifier que le champion recevait ce que l’empire avait de plus précieux à offrir.
Un autre détail fascinant est la gravure sur la coupe. On y lit : « All England Lawn Tennis Club Single Handed Championship of the World » – une terminologie qui capture parfaitement l’esprit du XIXe siècle.
Venus Rosewater Dish : La mythologie dans l’argent
La championne du simple dames reçoit un trophée au design complètement différent, mais tout aussi impressionnant. The Venus Rosewater Dish est décerné depuis 1886.
Ce plat massif en argent représente un chef-d’œuvre du design de la Renaissance, décoré de motifs mythologiques complexes. La partie centrale représente la figure de Sophrosyne, la personnification grecque de la tempérance et de la maîtrise de soi, tenant une lampe et un pichet à la main. Elle est entourée de quatre dieux représentant les éléments classiques, tandis que la déesse Minerve et diverses figures astrologiques sont gravées autour du bord. Ce n’est pas seulement un trophée ; c’est un message d’équilibre, de sagesse et de contrôle—des vertus nécessaires pour chaque championne de Wimbledon.
Les champions remportent-ils les trophées chez eux ?
Bien que nous voyions les tennismen ravis poser, serrer dans leurs bras et embrasser ces magnifiques pièces d’argent devant les photographes du monde entier, ils ne quittent en fait jamais l’enceinte de l’All England Club.
La règle d’or de Wimbledon stipule que les trophées originaux appartiennent exclusivement au club. Il y a une centaine d’années, la règle était différente—si un joueur remportait le tournoi trois fois de suite, il pouvait conserver la coupe originale (William Renshaw a réussi cet exploit, c’est pourquoi le club a dû commander la coupe actuelle en 1887).
Aujourd’hui, les champions « seulement » rapportent chez eux une réplique qui fait exactement les trois quarts de la taille de l’original, avec leur nom impeccablement gravé. Bien que ce ne soit techniquement qu’une réplique, dans le monde du sport, il n’existe pas de pièce de métal plus précieuse et prestigieuse que vous puissiez placer dans votre vitrine.
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