Si les joueurs français ont toujours eu une relation passionnelle et parfois tumultueuse avec la terre battue de leur propre tournoi à Roland-Garros, le gazon de Wimbledon a souvent été le théâtre de leurs plus belles démonstrations d’élégance. Le All England Club a toujours apprécié le fameux « panache français » – ce mélange d’audace, de technique pure et de romantisme tennistique.
Des pionniers des années folles aux héroïnes de l’ère moderne, la France a laissé une empreinte indélébile sur l’herbe sacrée de Londres.
Les Pionniers : La Divine et les Quatre Mousquetaires
Pour comprendre l’impact de la France sur Wimbledon, il faut remonter aux années 1920. Avant même l’ère Open, Suzanne Lenglen, surnommée « La Divine », a révolutionné non seulement le jeu mais aussi la mode tennistique. Avec ses six titres en simple remportés entre 1919 et 1925, elle a apporté une grâce athlétique inédite, troquant les longs jupons victoriens contre des tenues plus courtes et fluides qui ont scandalisé, puis conquis, la bonne société britannique.
Dans son sillage, le tennis masculin français a imposé une domination totale. « Les Quatre Mousquetaires » (Jean Borotra, René Lacoste, Henri Cochet et Jacques Brugnon) ont fait de Wimbledon leur jardin. Entre 1924 et 1929, Borotra, Lacoste et Cochet ont confisqué le trophée du simple messieurs, remportant six éditions consécutives et instaurant un style de jeu porté vers l’avant et la volée acrobatique.
Les reines modernes du gazon : Mauresmo et Bartoli
Il a fallu attendre le 21e siècle pour revoir la France au sommet du simple à Wimbledon, et ce sont les femmes qui ont écrit ces nouvelles pages dorées.
En 2006, Amélie Mauresmo a ébloui le Centre Court. Avec son jeu de service-volée d’une rare fluidité et son mythique revers à une main, elle a vaincu Justine Henin lors d’une finale inoubliable, devenant la première Française sacrée dans l’ère moderne.
Sept ans plus tard, en 2013, Marion Bartoli a créé l’une des plus grandes surprises de l’histoire du tournoi. Avec son style atypique, frappant à deux mains des deux côtés, et sa détermination à toute épreuve, Bartoli a soulevé le trophée Venus Rosewater Dish sans concéder le moindre set de toute la quinzaine. Un exploit monumental qui a défié toutes les statistiques.
Le spectacle garanti
Même sans soulever le trophée masculin dans l’ère Open, les Français ont offert à Wimbledon des moments d’anthologie. Qui pourrait oublier la remontée fantastique de Jo-Wilfried Tsonga face à Roger Federer en quart de finale en 2011 ? Ou les revers long de ligne majestueux de Richard Gasquet, double demi-finaliste sur le gazon anglais ?
Les joueurs français ont toujours compris que Wimbledon n’était pas seulement une compétition sportive, mais aussi un théâtre d’élégance où le beau jeu est roi.
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